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Prévenir les accidents domestiques : conseils pièce par pièce

Une visite de maison, pièce par pièce, pour repérer ce qui fait tomber, brûle ou noie, et les gestes simples qui réduisent le risque.

Mis à jour le 31/10/2026 par Frédéric Pegon, agent général Allianz à Mâcon.

On croit connaître sa maison mieux que personne. C'est pourtant là que l'on se blesse le plus souvent : en 2024, 20 148 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute, et 174 824 hospitalisations liées à une chute ont été comptées dans cette tranche d'âge, selon Santé publique France (bulletin du 12 mars 2026).

Pour rendre les conseils concrets, prenons un exemple, inventé pour l'occasion : la maison de Jeanne, 78 ans, deux niveaux, un jardin avec une piscine, et sa petite-fille Lou, 3 ans, qui y passe ses mercredis. Faisons le tour des pièces.

L'escalier et la salle de bains concentrent le risque de chute après 65 ans

Après 65 ans, la chute est le premier accident domestique à prévenir, et elle se joue surtout dans l'escalier, la salle de bains et le trajet nocturne vers les toilettes. Le risque grimpe vite avec l'âge : toujours en 2024, le taux d'hospitalisation pour chute des 85 ans et plus était 8,6 fois plus élevé que celui des 65-74 ans (Santé publique France, mars 2026).

L'escalier

Chez Jeanne, l'escalier est éclairé par une seule ampoule en haut. La première marche est donc dans l'ombre, et c'est elle qui manque quand on descend les bras chargés. Les recommandations de l'Assurance maladie sur ameli.fr tiennent en quelques gestes :

  • ajouter des points lumineux pour supprimer les zones d'ombre ;
  • signaler le bord des marches par une bande de couleur claire quand la vue baisse ;
  • ne rien laisser traîner sur les marches, pas même « pour monter plus tard » ;
  • porter des chaussons qui tiennent le pied et ne glissent pas.

La salle de bains et la chambre

Dans la salle de bains, le carrelage mouillé et l'enjambement de la baignoire font le reste. Une barre d'appui près des toilettes et de la baignoire, un tapis antidérapant dans la douche, un siège de douche changent beaucoup pour un coût modeste. Dans la chambre, l'Assurance maladie conseille de supprimer les tapis non fixés, de prévoir une veilleuse entre le lit et les toilettes et de faire revoir ses médicaments, dont certains donnent de la somnolence.

Dans la cuisine, les brûlures visent d'abord les enfants de moins de 5 ans

Les liquides chauds sont la première cause de brûlure chez les enfants de 0 à 4 ans, qui représentaient 28,8 % des 8 120 personnes hospitalisées pour brûlure en France métropolitaine en 2014, selon Santé publique France (publication du 22 juin 2018).

Le mercredi, Lou trottine dans la cuisine pendant que Jeanne prépare le déjeuner. À hauteur de ses yeux : une queue de casserole, une tasse de café, le fil de la bouilloire. Les réflexes : queues de casserole tournées vers l'intérieur, feux du fond en priorité, boissons chaudes loin du bord de la table, jamais de café avec un enfant sur les genoux.

Se chauffer avec le four ou le réchaud est un autre piège. Lecommuniqué de la Direction générale de la santé du 26 novembre 2025 l'interdit expressément. Il rappelle qu'environ 3 000 personnes sont accidentellement intoxiquées au monoxyde de carbone chaque année en France, et qu'une centaine en meurent. La parade : faire vérifier chaudière, chauffe-eau et conduits par un professionnel au moins une fois par an, aérer au moins dix minutes par jour et ne jamais boucher les grilles d'aération.

Reste le détecteur de fumée, que Jeanne n'a jamais remplacé. Il est obligatoire depuis la loi n° 2010-238 du 9 mars 2010. Le principe figure aujourd'hui à l'article L142-1 du Code de la construction et de l'habitation, et l'article R142-2 (version du 13 juin 2025) impose au moins un détecteur par logement. L'article R142-3 en confie l'installation au propriétaire et l'entretien à l'occupant.

Au jardin et au garage, l'eau et les moteurs thermiques sont les deux pièges

Au jardin, le danger principal pour un jeune enfant est la piscine, car une noyade est rapide et silencieuse. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, Santé publique France a recensé 1 418 noyades, dont 409 suivies de décès. Les moins de 6 ans représentaient 27 % des noyades, et 53 décès ont eu lieu en piscine privée (bilan publié le 5 mai 2026).

La loi impose une protection. L'article L134-10 du Code de la construction et de l'habitation exige un dispositif de sécurité pour les piscines enterrées non closes privatives, et les articles D134-51 à D134-54 en précisent les formes. Selon service-public.gouv.fr (page vérifiée le 13 février 2026), quatre dispositifs sont admis :

DispositifNorme
Barrière de protectionNF P90-306
AlarmeNF P90-307
Couverture de sécuritéNF P90-308
AbriNF P90-309

Sans dispositif, le propriétaire encourt une amende de 45 000 € (article L183-13 du même code). Mais une barrière ouverte ne protège rien : chez Jeanne, le portillon se referme seul, et un adulte reste au bord du bassin tant que Lou est dans l'eau.

Le garage, lui, cumule les risques. On n'y laisse jamais tourner le moteur de la voiture, et le groupe électrogène ne fonctionne jamais dans un espace clos, ni près d'une porte ou d'une fenêtre (DGS, 26 novembre 2025). Les produits ménagers et de jardin se rangent en hauteur, dans leur emballage d'origine.

Dans la chambre d'enfant, la fenêtre est le premier danger

La chute par une fenêtre ou d'un balcon touche surtout les tout-petits : dans l'enquête de Santé publique France menée en 2013 dans trois régions, 62 % des enfants victimes d'une chute de grande hauteur avaient moins de 6 ans.

Les autres résultats de cette enquête, rappelés par Santé publique France le 4 mai 2017, renversent les idées reçues. Un adulte était présent dans le logement dans 82 % des cas. Un meuble se trouvait sous l'ouverture une fois sur deux. Et dans 49 % des cas, la fenêtre était pourtant équipée d'une protection. Les accidents surviennent surtout à l'heure de la préparation des repas, au printemps et en été.

Dans la chambre de Lou, Jeanne a donc éloigné le lit et le coffre à jouets de la fenêtre. C'est le conseil de Santé publique France : jamais d'enfant seul près d'une fenêtre ouverte ou d'un balcon, aucun meuble escaladable à proximité.

L'essentiel à retenir

  • En 2024, 20 148 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute (Santé publique France, mars 2026).
  • Escalier et salle de bains : lumière, barres d'appui, rien qui traîne au sol.
  • Cuisine : boissons chaudes loin des enfants, jamais de four pour se chauffer.
  • Un détecteur de fumée par logement au minimum (article R142-2 du CCH), installé par le propriétaire.
  • Piscine enterrée : dispositif de sécurité obligatoire (article L134-10 du CCH), qui ne remplace pas la surveillance.
  • Chambre d'enfant : aucun meuble sous la fenêtre, jamais d'enfant seul près d'une fenêtre ouverte.
  • Sans responsable, seule une GAV indemnise les séquelles d'un accident domestique.

Questions fréquentes

Qui paie si je tombe seul chez moi ?

En dehors des soins, personne. La Sécurité sociale et la mutuelle remboursent une partie des frais médicaux, mais sans tiers responsable aucune assurance n'indemnise l'invalidité ou la perte de revenus. La Garantie des accidents de la vie d'Allianz le fait selon la formule choisie : la formule Solo à partir de 25 % d'invalidité, la formule 3 dès 1 %, l'invalidité étant évaluée par un médecin expert.

Le détecteur de fumée est-il à la charge du locataire ou du propriétaire ?

L'installation revient au propriétaire et l'entretien à l'occupant, selon l'article R142-3 du Code de la construction et de l'habitation (version du 13 juin 2025). En location meublée ou saisonnière, le propriétaire assure aussi l'entretien. L'installation doit être signalée à l'assureur incendie de l'occupant (article R142-5).

Une alarme de piscine suffit-elle à respecter la loi ?

Oui, une alarme conforme à la norme NF P90-307 fait partie des quatre dispositifs admis, avec la barrière, la couverture et l'abri. Elle signale une chute dans l'eau sans l'empêcher : la surveillance d'un adulte reste indispensable.

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